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Algor@… Syn. : Algora, Algor-art, art algorithmique. Le premier qui dit « ah le gros rat ! » est radié… 😉

Buts

Notre association a pour objet de :

  • Développer la pratique de l’art algorithmique et susciter des vocations artistiques chez les jeunes et les adultes par l’usage et la maîtrise des nouveaux outils numériques disponibles (entre autres, l’exploration graphique des fractales).
  • Explorer, enseigner et promouvoir les techniques variées d’expression artistique numérique (générateurs de fractales, photo numérique et retouche, matte painting, vidéo et montage, 3D, motion design, musique numérique, impression 3D, installations artistiques, Web 3.0, réalité augmentée…).
  • Communiquer sur ces nouvelles techniques, sur le Web et les réseaux sociaux et par l’ organisation d’ateliers, d’animations pédagogiques, de conférences, de séminaires et d’expositions.
  • Former les enfants, les adolescents et les adultes à la pratique de l’infographie créative et aux métiers des arts graphiques, des médias et de la communication numérique.
  • Devenir un lieu d’échanges et de rencontres pour les artistes numériques « du sud » et un pôle de compétences autour de l’image numérique.

Qu’est ce que l’art algorithmique ?

coquillage-fractalVaste question, qui nous occupera tout au long des différents ateliers… Pour résumer simplement, il s’agit de toutes les formes d’art qui sont créées à l’aide d’ordinateurs et de logiciels, utilisant des algorithmes mathématiques qui génèrent la complexité à partir de formules simples. Tout l’art, justement, consiste à dégager un « ordre » esthétique à partir du chaos. Comme le fait si bien la Nature…

Pour en savoir plus, voici un résumé d’interview de Francis Le Guen à propos de ses œuvres fractales :

Comment t’es venue l’idée de t’intéresser à l’art algorithmique ?
J’ai toujours exploré. Sous terre, sous l’eau… J’ai pratiqué pendant une vingtaine d’années au plus haut niveau la plongée sous-marine et spéléologique, découvrant des mondes fabuleux. Ce fut un déclic : il fallait que je montre, que je témoigne, que je partage. D’abord par le biais de la photo puis du film. J’ai toujours gardé ce gout de l’exploration, «en vrai» sur le terrain, en voyage, où dans les mondes virtuels…

D’où ton intérêt pour les fractales ?
Exactement. Car il faut être un peu explorateur pour accepter de se perdre dans la jungle des algorithmes ! Bien que je pratique toujours la photo et la plongée (habitant Marseille, la mer est à deux pas…), je suis insensiblement passé à la création et à l’exploration de l’univers des fractales aux possibilités graphiques infinies…

Que sont les fractales ?
Ce sont au départ des équations découvertes par Benoît Mandelbrot et d’autres mathématiciens qui régissent la «théorie du chaos» et quantité de phénomènes naturels. En transformant ces valeurs numériques en points dans l’espace on obtient des représentations visuelles étonnantes dans lesquelles on retrouve le motif principal à n’importe quelle échelle.

Et tu travailles maintenant avec des fractales en 3D ?
Oui, les «Mandelbulbs» (qu’on ferait mieux de rebaptiser mandelboules, mandelsphères ou mandelbulles)… Découvertes il y a à peine deux ans, elles sont les représentations en 3D de l’ensemble de Mandelbrot. Mais, plus important : une nouvelle génération de logiciels à vu le jour, la plupart issus du monde libre, avec lesquels il est possible de combiner diverses fractales entre elles et de les explorer «en profondeur». C’est un trip ! A la différence de la 3D « classique », l’espace fractal n’est pas limité et se renouvelle avec une richesse extraordinaire de détails suivant le point de vue où on se place. Mais le plus troublant est que ces fractales nous aident à mieux comprendre le monde qui nous entoure et donc à mieux le représenter.

De quelle façon ?
colibriLes fractales sont partout autour de nous, en nous… Dans les nuages, le corail, les alcyonaires, la forme du brocoli ou du chou Romanesco, nos battements de cœur, même…

Je m’efforce de comprendre la nature dans ses dimensions fractales et bien souvent, sur le terrain, en plongée, un détail attire mon attention qui deviendra plus tard une illustration. A l’inverse, le logiciel accouche parfois de «visions» ou l’on comprend d’un seul regard tel ou tel aspect fractal de la nature, un ordre caché derrière les apparences…

Tu veux reproduire la nature ?
Non, le but n’est pas de reproduire la réalité (le graal de la 3D «photoréaliste») mais plutôt de créer de nouveaux univers «parallèles», avec d’autres règles «organiques». Le champ des possibles est démesuré : on navigue dans des univers à 4, 5 dimensions… Cela donne le vertige ! Il y a presque quelque chose de mystique là-dedans. Et il suffit de varier un tant soit peu les paramètres initiaux pour bouleverser complètement l’apparence du monde créé. Un «effet papillon» avec une grande part d’aléatoire, comme dans le monde réel où il est impossible de prévoir exactement le temps qu’il fera dans 8 jours…

C’est donc le logiciel qui décide ?
C’est un débat sans fin : oui et non ! Oui parce que c’est le logiciel qui génère la représentation, avec parfois de «fortes suggestions». Non, parce que tout l’art consiste justement à essayer d’orienter le chaos. Vu la complexité des outils, cela revient à apprendre à sculpter de l’eau… Mais au final, ce n’est pas l’outil qui fait l’image mais bien celui qui le tient. Toute ma démarche artistique consiste aujourd’hui à proposer des images fortement inspirées de mes voyages sous l’eau, sous terre, sous la glace, à la rencontre d’animaux étranges et de paysages oniriques…

Quel est le processus de création ?
Il faut penser le monde fractal comme un espace multidimensionnel dans lequel on va choisir un «point de vue» et isoler un «moment». Dès lors, après exploration sommaire, on peut décider de «tirer une photo» en 2D, exporter un modèle en 3D, ou enregistrer une animation en 4D, tout ce qui précède n’étant que des «projections» de mondes à dimensions supérieures. Le même investissement temps est nécessaire pour obtenir une image fixe ou un film…

Tout commence par l’idée générale de la scène et de l’ambiance. En fonction de ce qu’on veut obtenir, on combine alors diverses variations et on obtient un «monde». Qu’il faut affiner par tout une kyrielle de réglages pour affiner la «géométrie». Vient ensuite l’exploration. On navigue au sens propre à l’intérieur de la fractale (temps réel Open GL…) pour en apprécier les possibilités, corriger des aspects, générer des variations. En tenant compte (ou pas) des éléments fondamentaux issus de l’observation de la nature. Ensuite, c’est un travail de photographe ou de réalisateur : choisir l’angle, la focale, la profondeur de champ, régler les éclairages, les ombres, les effets, les mouvements de caméra… Puis vient l’étape finale du rendu.

Chaque scène peut demander des jours de mise au point… Le piège : comme souvent en 3D, ce n’est jamais fini ! Mais, si détaillé soit il, le monde 3D a ses limites, il en va tout autrement des fractales, infinies. C’est à dire que le niveau de détails augmente quand on s’approche : de nouveaux mondes apparaissent sans cesse ! Il faut savoir s’arrêter.

Alors, il est temps de procéder au calcul de l’image et à son rendu en haute définition. Cette opération qui met les ordinateurs les plus puissants en difficulté dure de quelques heures à quelques jours… Puis, le fichier brut est traité et composité avec d’autres éléments pour obtenir l’image finale. Celle-ci est alors envoyée au prestataire qui l’imprime sur le support choisi.

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